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Le Cheval pour thérapeute ?

Par A'H - Décembre 2021, 15/12/2021

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Le Cheval pour thérapeute ?

Aujourd’hui, nous vous proposons de faire connaissance avec Madeline, comportementalise équin et équithérapeute.


Dans le quotidien de Madeline, les chevaux représentent une passion majeure… et depuis longtemps. Nous vous proposons de découvrir son parcours, et plus en détail deux activités qui font sa vie de tous les jours.

 

D’où vous vient cette passion pour le cheval ?

De fait, depuis ma petite enfance, j’ai toujours eu une attirance pour tous les animaux.

 

Lorsque j’avais 5 ou 6 ans, je voulais aller vers les chevaux, et passer du temps avec eux car je les trouvais magnifiques. Ils m’impressionnaient beaucoup !

 

J’ai fini par demander à faire de l’équitation. A ce moment-là, comme j’avais des problèmes de dos, mes parents n’étaient pas vraiment d’accord. C’est vers l’âge de 10 ans, où après avoir beaucoup insisté, qu’ils ont cédé et j’ai commencé dans un poney club.

 

Dès cette expérience, je me suis rendu compte que les poneys aimaient être accompagnés par les membres du club. Créer un lien avec nous leur convenait autant qu’à moi : je me souviens que pendant un peu plus d’un an, j’ai eu la chance d’avoir un enseignant qui m’a appris la relation différemment avec les chevaux. 

 

J’ai rapidement pris en affection un poney qui s’appelait Pirate et qui m’a accompagné les premières années. Ce poney club n’était pas dans la seule recherche de la performance, et avec Pirate, j’ai pris conscience de la relation forte qui pouvait se développer entre le cheval et l’humain.

 

Puis, je me suis aperçu que l’équitation allait bien au-delà du seul plaisir de monter à cheval.

 

A l’adolescence, une période un peu compliquée pour moi, les chevaux m’ont permis de gagner en confiance ; cela s’est fait avec un premier cheval que j’ai d’abord eu en demi-pension au club.

Lorsque j’ai eu 14/15 ans, mes parents comprenant que ma passion pour les chevaux était réelle et profonde, m’ont fait un cadeau énorme en m’offrant mon premier cheval « Vecino ». C’est un Pure Race Espagnol, également appelé andalou.

 

Grâce à lui, et malgré mes erreurs qu’il a acceptées, j’ai appris et progresser dans beaucoup de domaines liés au monde équin. Encore aujourd’hui, il m’accompagne quotidiennement et c’est un pur bonheur !

  


Dans quels domaines équins intervenez-vous ?

J’interviens en tant qu’équithérapeute et comportementaliste.

 

 

Pouvez-vous nous dire en quoi consistent ces deux activités ?

L’équithérapie consiste à essayer d’améliorer la santé psychique d’une personne, voir un problème de motricité, le cheval ayant un rôle de médiateur entre l’équithérapeute et le patient.

 

Ma principale activité reste le comportementalisme qui consiste à travailler sur une relation compliquée à un instant « t » entre un cheval et son propriétaire.

 

Ce sont des problématiques constatées lorsque le cavalier monte son cheval, ou le conduit à pied. En essayant de comprendre les causes de cette situation inconfortable, non désirée, je vais travailler sur les émotions du cavalier et de son cheval pour recréer une relation équilibrée entre les deux.

 

Tels « des éponges », les chevaux sont réceptifs au comportement ou au vécu de leur propriétaire, ce qui peut expliquer les causes de ces difficultés, à ce moment précis.

 

Enfin, j’interviens également dans le cas où un propriétaire a besoin de renouer le lien rompu, ou en passe de l’être, avec son cheval.

 

 

Commençons par l’équithérapie, que pouvez-vous nous en dire ?

Pour le moment, c’est une activité qui n’est pas encore reconnue par un diplôme d’état, et j’attends cette reconnaissance officielle pour effectuer la formation qui sera proposée.

 

Pour le moment, c’est une activité qui fait l’objet d’une tolérance. En attendant je me suis formée sur des sujets liés à l’objectif principal d’une séance d’équithérapie : apporter un soulagement psychique à une personne en demande.

 

Comme je le disais plus tôt, le cheval joue le rôle de médiateur, je peux également faire appel à de l’hypnose, analyse transactionnelle, etc… En plus de mes études de psycho, j’ai effectué ces formations qui sont certifiantes.

 

L’équithérapie devrait réellement être reconnue car le soulagement apporté à des personnes en souffrance psy est tel que des structures psychiatriques font appellent à des équithérapeutes. Il existe une formation officielle en médiation animale que j’espère intégrer l’année prochaine.

 

 

Qui sont les patients qui viennent vous consulter ?

D’une façon générale, le bouche à oreille m’amène des patients.

 

Par ailleurs, suite à ma formation en école d’infirmière, j’ai eu la chance de travailler 3 ans dans une structure psychiatrique. J’y ai rencontré un psychiatre auquel j’ai présenté l’équithérapie, et depuis, de temps en temps, j’aide certains de ses patients.

 

De même, parfois il m’ai arrivé de collaborer avec une nutritionniste qui fait appel à moi pour compléter le parcours de soin de ses patients.

 

 

Comment se déroule une séance d’équithérapie ?

Je pratique l’équithérapie avec mes chevaux, et dans la mesure du possible, lors de la première séance je laisse le patient « choisir » le cheval avec lequel nous allons « travailler ».

Bien sûr, ces chevaux ont une personnalité, un caractère adapté au soins dont le patient a besoin, la sécurité étant une priorité sur laquelle je ne transige pas.

 

La première action que je mets en place est un contact entre le patient et le cheval par le brossage, autrement appelé le pansage. Dans le même temps, je démarre un échange sur un sujet de « diversion » pour essayer d’amener le patient vers le soulagement souhaité. Cela doit lui permettre d’exprimer son besoin.

 

Selon la situation de chaque patient, ainsi que sa capacité à communiquer, le contact physique avec le cheval (calme) devrait lui permettre de prendre conscience de son état. Cet échange entre les deux, doit être l’occasion pour le patient de s’ouvrir à une forme de communication qui va lui apprendre à gérer, maîtriser, voire soulager les difficultés qui l’ont amenées à consulter.

 

C’est une rencontre bienveillante entre deux êtres vivants, où chacun, depuis sa bulle, va échanger avec l’autre, au bénéfice de l’Humain.

 

Le cheval est un animal qui ne demande rien de plus que de brouter tranquillement, et va toujours rechercher la sérénité. C’est pour cette raison qu’on peut le considérer comme un animal apaisant.

 

Et cela se voit bien lorsqu’il est à côté d’un enfant qui a des difficultés de communication, dont la cohérence cardiaque est régulée par le contact avec le cheval, ce qui doit lui permettre d’atténuer son stress et/ou son anxiété.

 

 

Combien de séances sont nécessaires ?

Lors du premier contact avec le patient, je lui précise ma façon de travailler et je lui soumets le parcours que j’envisage pour lui.

 

La plupart du temps plusieurs séances sont nécessaires : c’est selon son état de santé et son objectif. C’est du sur-mesure avec une fréquence de rendez-vous réguliers pour plus d’efficacité.

 

Parfois une seule séance d’équithérapie peut suffire. Par exemple, dans le cadre d’un quotidien urbain surchargé, je peux intervenir pour rebooster une personne qui n’arrive plus à gérer sa fatigue ou son stress.

 

 

Est-ce que tous les chevaux peuvent intervenir dans l’équithérapie ?

C’est une question très intéressante car j’ai eu l’occasion d’observer des chevaux hyper-dynamiques (a priori non adaptés à l’équithérapie) s’apaiser très sensiblement au contact d’enfants renfermés sur eux-mêmes. C’était à la fois très étonnant et impressionnant à voir : deux êtres très différents capables d’avoir un échange apaisant, et même bénéfique pour l’enfant. Une osmose entre les deux a eu lieu, c’était exceptionnel.

 

Je pense que dans les faits, chaque cheval a quelque chose à apporter aux humains.

 

Maintenant, c’est vrai que je ne mettrai jamais un cheval qui pourrait être dangereux au contact de patients qui viennent en consultation car la sécurité est une priorité absolue pour moi.

 

Je rappelle que c’est le cheval qui fait l’essentiel du travail. Moi, je suis là pour le guider pendant la séance, et rassurer le patient avec lequel nous essayons ensuite, d’analyser ce qui s’est passé lors du contact avec le cheval.

 

Celui-ci aura « fait miroir », et je vais chercher à savoir ce que le patient aura ressenti à ce contact : est-ce un apaisement, a-t-il vu une réaction chez le cheval qui lui fait du bien, ou l’a surpris, etc… ?

 

 

Quel est le profil du cheval en équithérapie ?

L’idéal est d’avoir un cheval au tempérament posé, quelle que soit sa race et son âge. Pour le travail en équithérapie, l’âge du cheval serait un peu secondaire dans mon choix.

 

La race du cheval est un point important : par exemple, il est intéressant de travailler avec le cheval de trait qui est une race très calme, et peut rester sans bouger, tout en se laissant « manipuler ». Ce trait de caractère permet de faire intervenir en sécurité des juvéniles âgés de 4 ou 5 ans.

 

Comme je le disais, dans la mesure du possible je laisse le patient « choisir » le cheval avec lequel il va interagir.

 

A contrario, j’ai une jument pure sang arabe âgée de 16 ans, qui malgré son âge a toujours beaucoup d’énergie et pourtant, selon la personne qui vient me voir elle peut être sollicitée pour une série de séances.

 

Récemment, j‘ai eu le cas d’un enfant autiste de 10 ans qui a souhaité interagir avec cette jument. Elle s’est laissée approcher sans faire de difficultés, et cela s’est très bien passé : elle a été extrêmement douce, c’était fabuleux ! C’est comme si elle savait ce que l’on attendait d’elle. Lui, en voyant cette jument avec son énergie et sa puissance a repris confiance, il a compris qu’il pouvait établir un lien avec elle, et s’extraire de sa bulle ce qui a atténué son mutisme.

 

 

Comment se déroule une séance d’équithérapie et combien de temps dure-t-elle ?

Je prends en compte plusieurs éléments, à commencer par l’âge du patient car je peux faire des séances d’équithérapie avec des enfants de 3 ans.

 

Pratiquement l’ensemble des séances d’équithérapie que je propose se font à pied, sans monter à cheval.

 

Je ne propose aux patients de monter sur le cheval qu’après un certain nombre de séances, à moins qu’ils ne soient déjà cavaliers. Si je suis en présence d’un patient particulièrement stressé ou renfermé, les séances se font à base de touchés avec le cheval.

 

La première séance débute toujours en douceur : j’invite la personne à marcher à proximité du cheval, puis à le toucher et à le brosser. A ce moment-là, pour que le patient aille au-delà de sa peur éventuelle, je suis particulièrement attentive à ce premier contact.

 

Idéalement, à un moment ou un autre, il faut que le patient puisse ressentir la respiration du cheval et ses muscles. Un des exercices que je propose consiste à demander au patient de poser ses mains sur les flancs du cheval, de fermer les yeux et d’essayer de caller sa respiration sur celle du cheval. Cela devrait lui permettre de se concentrer sur sa respiration et sur ce qu’il ressent, créant ainsi une connexion avec le cheval. De cette façon, le patient doit  pouvoir se recentrer sur lui, se maîtriser, et gérer son stress, son anxiété, etc…

 

Je m’adapte toujours à la situation de la personne qui vient me voir : du début à la fin d’une séance il se passe une à  deux heures de travail.

 

Enfin chez les plus jeunes, dans la mesure où l’interaction avec le cheval demande un minimum d’attention, je redouble de vigilance et une séance peut durer moins d’une heure. Bien sûr, je demande aux parents d’être présents.

 

Dans certains cas, ces derniers me sollicitent aussi parce que leurs enfants jouent de façon excessive à des jeux vidéo, ou sont trop sur leurs ordinateurs : l’objectif est de mettre en place un échange avec le cheval, pour les sortir de cet environnement virtuel.

 

Il m’arrive également d’aider des enfants dans des situations de harcèlement scolaire, etc… Grâce au cheval, on peut apporter une aide dans un certain nombre de situations qui peuvent redonner équilibre et sérénité aux adultes comme aux enfants.

 

 

Les enfants sont-ils impressionnés par le gabarit du cheval ?

C’est difficile à dire, il n’y a pas vraiment de règle.

 

Ce dont je me suis rendu compte, c’est que soit ils vont être effectivement impressionnés et avoir une approche toute en retenue, soit au contraire le contact va être direct et là c’est moi qui suis très vigilante.

 

 

Comment préparez-vous vos séances de comportementaliste ?

Une partie importante de mon travail consiste à faire un diagnostic comparable à celui d’une thérapie de couple.

 

Avec le propriétaire, nous allons chercher à comprendre pourquoi son cheval et lui en sont arrivés à cette situation.

 

Avant de fixer un rendez-vous pour une séance, souvent j’explore les points suivants :

-   Est-ce qu’il y a eu un changement dans le quotidien du propriétaire ou de son cheval, et dont l’importance peut ne pas avoir été bien évaluée ?

-   Est-ce qu’il y a eu un évènement particulier entre les deux, peu de temps avant que le propriétaire ne constate la détérioration de leur relation ?

-   Dans quel environnement évoluent l’un et l’autre ?

-   Et même, d’une façon générale, comment va le propriétaire ?

-   Etc…

 

Il arrive que dès la première séance je ressente les tensions existantes entre un propriétaire et son cheval.

 

Selon la situation, je vais travailler sur les émotions du cheval ou de son cavalier, voire les deux. Pour apporter des éléments de clarté au cheval, souvent dès le départ je travaille sur des exercices pratiques qui vont avoir pour objectif de rééquilibrer la relation à son propriétaire.

 

Les causes de ces difficultés sont très diverses et peuvent être liées à un changement dans l’environnement du cheval ou dans son alimentation, mais aussi à des difficultés psychologiques du cavalier qui impactent le cheval et amènent ces difficultés.

 

La compréhension des causes psychologiques qui amènent ces difficultés relationnelles est particulièrement importante et parfois complexe, aussi pour une approche plus efficace et cohérente dans l’aide attendue par le propriétaire qui me sollicite, je poursuis une 3ème année universitaire en psychologie.

 

Au-delà de ce point, il faut savoir que le cheval est un animal très sensible : il s’exprime avec son corps. Par un changement de comportement, il va faire passer des émotions potentiellement négatives, ou donner des signes d’humeur désagréable dont le propriétaire peut ne pas mesurer tout de suite l’importance.

 

Pour vous donner un exemple, récemment j’ai été sollicitée par une jeune femme qui a rencontré des difficultés avec son cheval alors qu’elle était enceinte. Après un travail en profondeur, j’ai pu mettre en évidence, qu’à sa façon, son cheval exprimait une forme de « jalousie » vis-à-vis du bébé qui allait arriver.

 

 

Y a-t-il d’autres cas, dans lesquels on peut faire appel à une comportementalise ?

Absolument, un propriétaire qui s’engage dans l’achat ou l’adoption d’un cheval sait que c’est un parcours de vie qui va durer des années. Dès le départ, il doit faire en sorte qu’il soit le plus équilibré possible.

 

Dans cet objectif, un propriétaire peut faire appel aux services de comportementalistes équins. Il tâchera de délivrer des outils de communication pour mettre en place des échanges équilibrés entre propriétaire et cheval, ou des conseils quant à l’approche que requiert le caractère ou la race de son nouveau cheval.

 

Selon la personnalité de l’un et de l’autre, je vais donner des pistes qui devraient leur permettre de bien « grandir et avancer ensemble ».

 

De façon préventive, et quand un propriétaire ne se sent pas à l’aise dans ce début de vie commune, il arrive même que je sois sollicitée en amont d’une adoption, pour mettre en place un « protocole éducatif » afin d’éviter des déconvenues avec un cheval que l’on ne connait pas.

 

Selon le profil de chacun, il peut être réellement pertinent d’avoir des conseils pour bien démarrer car la seule expérience en club équestre ne suffit pas toujours. Pour devenir « propriétaire à temps plein » d’un cheval dont on va être responsable, il faut savoir agir avec lui en toute circonstance au cours de toutes les activités et obligations qu’il apporte.

 

C’est pour cela, que le comportementaliste sera toujours une aide précieuse pour un propriétaire débutant comme confirmé.

 

En effet, même pour un cavalier expérimenté, certains chevaux peuvent avoir besoin d’être accompagnés par une tierce personne dans leur apprentissage à interagir correctement avec leur nouveau propriétaire. Sans parler du simple fait qu’accepter une selle constitue un véritable apprentissage, car cela n’a rien de naturel pour un cheval. C’est d’ailleurs une partie de ce qui constitue le débourrage du cheval.

 

 

Combien de séances de travail sont nécessaires ?

Avant une première séance de travail j’interroge en profondeur le propriétaire sur son besoin, ainsi que son environnement et celui du cheval, et le plus souvent 2 à 3 séances suffisent.

 

Maintenant, il n’y a pas deux situations identiques, je travaille vraiment sur mesure et si besoin je mets en place autant de séances que nécessaires pour atteindre l’objectif recherché par le propriétaire.

 

Un dernier élément qu’il est important de préciser, c’est que le comportementalisme n’intervient pas dans des problématiques physiques : ce sont les vétérinaires ou les ostéopathes qui interviennent sur ces situations.

 

 

Si vous voulez en découvrir davantage, n’hésitez pas à aller sur le site de Madeline :  www.equisolve.fr

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